Mesdames, Messieurs,
Depuis le début de cette conférence, les interventions ont essentiellement porté sur deux fractures : la faible solidarité entre les Etats membres ainsi que le conflit qui oppose les marchés financiers aux Etats. Je voudrais à mon tour vous parler d’une troisième fracture qui se profile : la fracture générationnelle.
Aujourd’hui, la multiplication des politiques d’austérité en Europe fait payer à la jeunesse une dette dont elle n’a que peu profité. Notre génération, celle des années 1980 et 1990, celle pour qui la crise est la règle, est la grande perdante du moment : taux de chômage deux fois plus élevé que la moyenne, accès au logement de plus en plus tardif, massification de l’enseignement supérieur à la traîne et la généralisation des plans de rigueur qui entrave les possibilités d’amélioration. Ce que nous craignons, c’est que cette situation nous amène à l’inacceptable : devoir aller voir nos grands-parents en leur disant « maintenant, c’est votre retraite ou mes études ».
C’est vers ce clash des générations que nous allons si nous ne donnons pas à la jeunesse les moyens de son émancipation.
Nous ne pouvons pas accepter d’être les principaux payeurs d’une dette qui n’est en majorité pas la nôtre. Nous voulons avoir la possibilité de payer et de profiter de ce système social, ce que les politiques actuelles remettent en cause. Nous demandons donc, à l’inverse des plans actuels, une politique d’investissement dans la jeunesse, dans l’enseignement, le logement et l’accès à l’emploi.
Alors qui va payer cette dette ? Il ne s’agit pas de crier « plus d’Europe » comme des supporters, mais d’affirmer et d’expliquer qu’aujourd’hui l’Union Européenne est l’acteur le plus pertinent pour régler la crise car il est le seul à aller pouvoir chercher des ressources fiscales nouvelles, quand les Etats ont atteint les plafonds possibles.
Ainsi, le collectif Qui va Payer donc je suis ici un des représentants, composé d’associations dont la Confédération étudiante, le syndicat étudiant, lance une Initiative Citoyenne Européenne portant sur la création d’une Eurotaxe Erasmus. L’ICE c’est le moyen de mettre au centre du débat les revendications de la jeunesse. C’est aussi, à la lumière du constat fait par de nombreux eurodéputés ici, de la difficulté qu’ils ont à faire entendre l’action de l’Europe dans leur territoire, une manière de proposer une nouvelle méthode qui parte de la société civile, relayée par les politiques, pour monter jusqu’à la Commission.
Pour conclure, entre occulter le problème de la dette ou en faire le seul critère des politiques publiques, nous choisissons une voie responsable en proposant une Eurotaxe, celle d’assumer le paiement équitable de la dette tout en permettant l’émancipation de la jeunesse.












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