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III. C. L'UNEF incapable de négocier préfère nourrir la crise

L'UNEF est incapable de négocier et préfère nourrir la crise. Ses interventions institutionnelles sont souvent stériles, et ne servent qu'à construire son positionnement

1. L'UNEF nie l'existence des autres acteurs et refuse le changement.

Son refus de participer à l'élaboration de réforme et son incapacité à s'engager dans une négociation qui signifie aussi la prise en compte de l'autre, revient de fait à ce qu'elle nie l'existence des autres acteurs.

1.1. La pratique systématiques des motions comme positions figées à prendre ou à laisser.

Dans les conseils nationaux et locaux de l'enseignement supérieur, son intervention est principalement constituée par la présentation de motions. Dans la pratique, il s'agit bien souvent de soumettre au vote une position figée qu'il est impossible de débattre ou de modifier, pour les autres acteurs de la communauté universitaire. C'est à prendre ou à laisser. C'est la logique infantile du tout ou rien.

1.2. Le tout ou rien dans les négociations : l'exemple de la Commission Nationale Autonomie.

La participation de l'UNEF fin 2001 à la Commission Nationale Autonomie chargée de faire des propositions allant dans le sens de l'autonomie des jeunes en est une bonne illustration. L'UNEF a participé pendant plusieurs mois aux réunions de cette commission. Ses interventions se sont souvent limitées à répéter que l'UNEF était favorable à l'autonomie des jeunes et à une allocation leur étant directement versée.

Elle s'est montrée incapable de prendre en compte d'autres points de vue. Ceux des associations familiales étaient par exemple sûrement différents de celui de l'UNEF, mais indispensables à prendre en compte pour la mise en place d'un tel projet. Sa vision des choses n'aura ainsi pas bougé d'un iota. Son projet très auto-centré et son incapacité à négocier ont pleinement joué. Au final, l'UNEF cramponnée à son projet s'est trouvée marginalisée dans la finalisation d'un rapport, résultat d'un compromis entre l'ensemble des autres participants.

Par la suite, son attitude a évidemment été de dénoncer en bloc ce rapport et le déroulement de la commission.

2. « Quand ça va mal, l'UNEF va bien ».

2.1. L'UNEF refuse de participer pour mieux s'opposer.

L'UNEF n'hésite pas à refuser sa participation à l'élaboration des projets de réforme nationaux et parfois même locaux pour mieux les dénoncer ensuite.

Par exemple, en amont de la mise en place de la réforme européenne LMD, le ministère souhaitait élaborer un rapport d'étape basé sur les réflexions des universités. L'UNEF a choisi de ne pas faire intervenir ses élus locaux dans les conseils d'université, alors qu'elle aurait ainsi pu faire évoluer le contenu de ce rapport d'étape. Elle a délibérément choisi de rester muette jusqu'à la fin du processus, pour finir par dénoncer le contenu du premier décret cadre publié suite à ce rapport. Son attitude a été la même lors de la préparation en amont des deux décrets d'application de la réforme qui ont suivi. C'est seulement au moment de passer au vote que l'UNEF a exprimé ses désaccords.

Sa culture radicale lui fait confondre le processus de décision et le vote qui vient le clore. Cette attitude n'est pas syndicale. Elle ne permet pas de peser sur le cours des choses et s'apparente plus à un rôle de témoignage.

2.2. L'UNEF soutient par principe les logiques de blocage.

Quand elle en a la possibilité, l'UNEF entre dans une logique de blocage à court terme de l'application des changements dans les universités. Cette attitude n'est en rien corrélée avec un contenu, qui justifierait sur le fond une telle attitude. La généralisation de la sélection à l'entrée de l'université, ou l'augmentation des frais d'inscription à l'américaine, ou tout autre projet qui reviendrait frontalement sur les fondements de notre conception républicaine, « gratuite » et ouverte à tous de l'université, nécessiteraient bien entendu une réaction de ce type.

Mais après s'être volontairement tenue à l'écart de la préparation de la réforme LMD, l'UNEF a voté lors de son CN de rentrée le mot d'ordre de « moratoire sur la réforme LMD ». Pour cela, elle a lancé la présentation de motions de blocage de l'application de la réforme dans les conseils d'administration universitaire sans faire d'autre proposition.

Les points de désaccord à lever sur cette réforme essentielle (procédures de compensation et d'habilitation des diplômes) nécessitent-ils un blocage complet de l'évolution d'échelle de notre système d'enseignement supérieur et des opportunités pour le service public de répondre ainsi mieux aux nouveaux besoins des étudiants ?

Plus encore, l'UNEF pensait-elle vraiment bloquer le processus d'harmonisation européenne des diplômes en faisant adopter cette motion à Dijon ou à Paris 13 ? Les quelques universités dans lesquelles elle aura rencontré une majorité favorable à cette démarche vont-elles rester à l'écart de cette évolution aussi fondamentale à l'échelle européenne ? Qui peut penser dans ces conditions que ce combat n'était pas une lutte d'arrière garde mais qu'il était bien guidé par la volonté de faire évoluer les choses ?


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