Malgré ses difficultés et ses déboires, l'UNEF a toujours pu compter sur la surface institutionnelle importante qui lui est offerte.
La plupart des acteurs et des décideurs ont fait avec elle faute de mieux mais elle ne s'en est pas montrée digne. Force est de constater qu'elle n'a pas su et qu'elle ne sait toujours pas utiliser cette chance qui lui est conférée. Au lieu de s'appuyer dessus pour partir à la conquête du milieu étudiant, elle l'a gâchée en se repliant sur les affaires d'appareil et en s'enfermant dans un « mollétisme » destructeur.
L'UNEF n'est pas un syndicat, car un syndicat étudiant doit trouver sa raison d'être dans son ancrage dans son milieu. Elle ne sert pas les intérêts de ceux qu'elle est censée représenter et organiser : les étudiants. Elle est un peu comme ces caricatures de bureaucratie dont le seul souci, la seule raison d'être réside dans sa propre reproduction.
Elle n'est pas en capacité de relever les deux défis majeurs pour l'avenir, qui lui incombent.
Le premier c'est bien sûr la question centrale de l'éducation avec en arrière plan celles d'un retour à l'égalité des possibles et d'un rétablissement des mécanismes de promotion sociale. La situation de la société française et européenne nécessite de revisiter son projet éducatif. L'UNEF a montré son incapacité à le faire.
Le second défi c'est l'enjeu de la citoyenneté. L'avenir de la démocratie se joue aussi dans la jeunesse en général, donc chez les étudiants en particulier. Si d'une façon globale, la Politique est en crise, la situation particulière du « syndicalisme » étudiant est encore plus préoccupante. Ce terrain n'est pas seulement en friche. Sa situation relèverait plutôt de la terre brûlée par les méthodes à l'œuvre.
Quel paradoxe ! Alors que les principales organisations syndicales de salariés ont fait et font encore des efforts prodigieux pour s'adapter, évoluer et revoir leurs façons de faire, l'organisation qui prétend être « Le syndicat étudiant » s'enferre dans un radicalisme aussi inefficace que destructeur. Quel gâchis, quand l'on constate que les efforts considérables que les principales organisations syndicales de salariés déploient pour développer le syndicalisme chez les jeunes salariés se heurtent à l'image que l'UNEF laisse chez nombre d'entre eux.
Par notre action nous voulons résolument changer la donne, et ouvrir dans l'avenir une alternative possible à cette situation aussi préoccupante qu'inacceptable.