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Les alters dans les universités, quelle offre à l'engagement des étudiants ?

Les universités sont aussi des lieux dans lesquels « les alters » interviennent. Il faut souvent distinguer les organisations « alters » (ATTAC…) imbriquées avec l'extrême gauche, celles qui relaient des grandes opérations alters et celles qui portent réellement les valeurs « pour un autre monde » auprès des étudiants.

Panorama des alters à la fac

Dans les universités, la lucidité commande de constater que les organisations alter mondialistes comme ATTAC ou ACG (Agir Contre la Guerre) sont trustées par l'extrême gauche et souvent ce sont les mêmes militants que l'on retrouve dans ces organisations et dans des structures radicales (Unef, Sud, Fse) ou les coordinations d'assemblée générale. Ces structures pratiquent l'activisme dans les universités : vente de journaux, minis rassemblements, squat des halls, manifs… Les sujets de solidarité internationale abordés sont assez restreints : l'opposition aux guerres qui impliquent les américains (Irak, Afghanistan voire Kosovo à l'époque) et le conflit israélo-palestinien en plus du relais des rassemblements anti-G8 ou Forums Sociaux Européens. Ces organisations ont la particularité de chercher à s'impliquer au même titre qu'un syndicat dans les débats nationaux universitaires (LMD) ou sociaux (retraites, intermittents, …) Ces militants cherchent à être partie prenante d'une mobilisation permanente qui vise le capitalisme mondial et les dirigeants américains d'une part et le gouvernement français de l'autre.

De son côté l'Unef joue la carte institutionnelle dans le relais des opérations alter mondialistes. Chaque nouvel évènement à droit à son communiqué, son tract et la présence de quelques militants issus de ses rangs au rassemblement : FSE, Larzac, G8,… L'Unef a monté sur les facs des comités « Le monde n'est pas une marchandise », dans une logique plutôt hégémonique qui vise à démontrer qu'elle est capable de faire aussi bien que des associations alters. Mais ces comités ne sont en fait que des coquilles vides qui ne mènent pas d'actions sur le terrain, qui n'organisent pas d'étudiants et qui ne servent qu'à pouvoir afficher un soutien supplémentaire aux listes de l'Unef aux élections.

Finalement, avec une démarche très partisane, ces organisations mêlent allègrement les thématiques alter mondialistes à tous les sujets de mécontentements, qu'ils soient nationaux ou internationaux, contre des adversaires eux-mêmes liés par une même logique (Bush, Medef, Raffarin,…) Ce mode d'action participe du discrédit auprès des étudiants de toute forme de combat international.

Attirance et désenchantement


Les actions de type alter dans les facs rassemblent régulièrement une poignée d'étudiants qui changent d'une fois sur l'autre. Ces étudiants fréquemment en première année sont souvent ceux qui savent dès leur arrivée à la fac qu'ils ont envie de s'engager. D'abord les actions alter mondialistes sont identifiées comme relevant de la solidarité internationale, question à laquelle les étudiants porte un intérêt. De plus, ceux qui ont a priori envie d'agir à l'université sont souvent déjà sensibilisés à ces sujets, avant même leur arrivée en fac (Rwanda, Ethiopie, Apartheid).

L'attractivité de ces actions vient aussi du fait que l'activisme des militants les rend visibles et qu'ils paraissent ainsi dynamiques aux yeux des étudiants. C'est une réelle générosité qui est captée par les alters, mais la question est de savoir où emmènent-ils ce véritable potentiel humain ?

Cette attirance est bien souvent suivie d'un certain désenchantement vis à vis des structures et des militants alters mondialistes.

D'une part leurs interventions sont très partisanes et finalement assez peu sur la base des valeurs qui fondent « le monde que nous voulons » comme la solidarité, la démocratie, la liberté.
D'autre part, les étudiants sont vite déçus ou lassés quand ils se rendent compte que les actions menées et les discours déclamés ont très peu de prise avec la réalité, que la place laissée à leur réflexion ou à leurs initiatives est très restreinte.

Enfin, les étudiants ne manquent pas de constater que les pratiques de ces organisations sur les universités sont souvent en contradiction avec les valeurs qu'elles sont censées prôner.

L'exemple de la démocratie est édifiant. Au vue de la situation internationale, c'est une valeur qui doit être au cœur d'une action en faveur « d'un autre monde » mais la réalité est bien différente. D'abord, c'est une notion souvent absente des discours, fait peu étonnant quand les alters dans les universités sont militants d'extrême gauche (Unef, Sud, ACG, ATTAC).

Ensuite dans la pratique, c'est le contraire qui est mis en oeuvre : manipulation d'Assemblée Générale, blocage physique des élections étudiantes au nom de la défense d'une revendication, centralisation du matériel de vote par correspondance des élus étudiants lors des élections au CNESER (Conseil national de l'Enseignement Supérieur et de le Recherche) par l'Unef… Que dire de l'utilisation systématique de la désinformation quand ces mouvements prétendent lutter pour l'émancipation et l'autodétermination des peuples ? Autant de pratiques anti-démocratiques qui choquent les étudiants et que la Confédération Etudiante fait le choix de dénoncer.

Tout cela a pour conséquences le détournement des étudiants des actions et militants alters quand ils découvrent le dessous des cartes. Ainsi les organisations alters sont assez groupusculaires sur les facs et les structures comme l'Unef ou Sud capitalisent peu d'étudiants sur ce type d'interventions.


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