Le toilettage des droits de scolarité opéré par le ministère de l'éducation aurait dû être, comme l’avait promis Luc Ferry, l'occasion de mettre sur la table les problèmes d'accès à l'enseignement supérieur comme les difficultés financement des universités.
Pour la Confédération Etudiante ces deux aspects sont indissociables.
Le système d'accompagnement social de l'étudiant montre chaque année ses insuffisances et sa complexité, et les négociations sur ce sujet sont aujourd’hui enlisées alors que de nombreuses propositions avaient été formulées par la Confédération Etudiante (prise en compte des étudiants salariés, bourses de mobilité équitables, adaptation au système LMD...)
Mais la démocratisation de l'enseignement supérieur n'a de sens que si les filières proposées sont de qualité. Autrement dit, que si les universités disposent de moyens humains et financiers optimaux dans la transmission des savoirs et des compétences.
Un contrat moral rompu
Or, que se passe-t-il aujourd'hui ?
Si l'Etat impose avec diligence chaque année une hausse des droits d'inscription aux étudiants, il ne respecte pas ses propres engagements envers l'ensemble de la communauté universitaire et ses partenaires.
Du non-respect du volet logement étudiant ou du financement de bâtiments universitaires dans les contrats de plan Etat / Région à des dotations effectives aux universités 20 % plus basse en moyenne que les dotations théoriques calculées selon des normes pourtant établies par lui-même. Comment faire accepter aux étudiants une hausse continuelle des droits d'inscription quand l'Etat ne respecte pas ses engagements ?
L'enseignement supérieur public devrait au contraire aller de l'avant et définir des normes de haute qualité tout en demeurant accessible au plus grand nombre.
Une clarification des droits de scolarité
La Confédération Etudiante regrette les conditions dans laquelle s'est effectuée la dernière retouche ministérielle à des kilomètres du principe du dialogue social que François Fillon avait pourtant érigé en leitmotiv dans son précédent portefeuille.
Elle se satisfait cependant de la simplification des droits de scolarité autour des trois niveaux d'études définis par la réforme LMD, confirmant ainsi l'unité de chacun des trois cycles.
La Confédération Etudiante soutient par ailleurs la fin de la discrimination entre les filières générales et les diplômes plus professionnalisant (DESS, IUP) dont les droits d'inscription baissent de 30 à 46% (de 80 à 128€) quand la majorité des étudiants connaîtront une hausse de l'ordre de 9€.
Comme chaque année, la hausse fut décidée la veille des inscriptions universitaires.
Comme chaque année, la hausse fut nettement supérieure à l'inflation.
Comme chaque année ce ne sont pas les problématiques de démocratisation de l’enseignement supérieur et de financement des universités qui guident les décisions ministérielles sur les frais d’inscriptions.
Il est temps sur ce dossier d’ouvrir le débat pour s’attaquer aux questions de fond.