Stages, défiscalisation du salariat étudiant,
Julie Coudry interpelle Xavier Bertrand !
29 mai 2007
Suite à l’annonce par Xavier Bertand de défiscaliser le salariat étudiant et aujourd’hui de s’attaquer à la situation des stagiaires, Julie Coudry Présidente de la Cé interpelle le Ministre :
« Le salariat étudiant cheval de bataille de la Cé depuis sa création est une question centrale qu’on ne traite pas à coup d’annonce électorale pas plus que celle des stages. Si le Ministre souhaite réellement s’attaquer à ces problèmes la Cé l’invite à se reporter au rapport « pour la réussite des étudiants salariés » réalisé par la Cé en 2004 : 35 pages d’analyses et de propositions qui dépassent largement la question de la défiscalisation. Je demande au Ministre Bertrand de recevoir la Cé sur la question des étudiants salariés et des stagiaires et si ses annonces sont réellement synonymes d’une volonté politique de changer la donne au-delà des élections législatives, je ne doute pas qu’il répondra rapidement à notre demande. »
Si le travail est dans de nombreux cas une condition sine qua non à la poursuite d'études, il est en aujourd’hui un facteur d'échec important parce que ni le système universitaire, ni les entreprises, ni les systèmes d'aides sociales ne sont pour l'instant adaptés aux spécificités de ce double statut.
La première mesure de défiscalisation du salariat étudiant est nécessaire pour sortir les étudiants à la fois salariés et boursiers du cercle vicieux : « je travaille car les bourses sont insuffisantes et plus je travaille moins je touche d’aides sociales ».
Mais il faut s’attaquer à 3 autres chantiers majeurs si l’on souhaite réellement permettre la réussite universitaire des étudiants salariés
1. S’attaquer à l’incompatibilité pédagogique très injuste : les étudiants salariés ont deux emplois du temps souvent incompatibles, ils sont exclus d’office de certaines filières (Médecine, IUT…) et de certains établissements, ont des modalités d’examens impossibles à honorer (contrôle continu) et ont de grandes difficultés pour accéder aux stages ce qui leur demande souvent d’arrêter leur activité salariée.
2.Reconnaître les compétences acquises : aujourd’hui l’exercice d’une activité salariée pendant les études n’est par reconnue comme source d’acquisition de réelles compétences alors qu’elle devrait être un plus pour l’insertion des étudiants qui travaillent.
3.Reformer le système d’aides sociales : beaucoup d’étudiants issus des classes moyennes sont inéligibles aux bourses. En l’absence d’autres aides à leur destination, face à l’insuffisance du montant des bourses et leurs parents n’étant pas en mesure de les soutenir financièrement de façon suffisante, le nombre d’heures qu’ils sont parfois obligés de travailler pour financer leurs études est tout simplement incompatible avec la réussite universitaire.
Les analyses de la Cé et les propositions « pour la réussite des étudiants salariés »
http:// www.confederation-etudiante.org/article/archive/23/