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Les prêts étudiants ne peuvent être la seule réponse de l'état à la situation sociale des étudiants
Lundi 13 octobre 2008 Recevoir la newsletter  :  
UNEF : où sont tes victoires ?

De l'analyse du mouvement étudiant et de l'Unef en particulier

Créée en 1907, l'Union Nationale des Étudiants de France a connu ses heures de gloire de la fin de la seconde guerre mondiale au début des années soixante. De ces moments fastes, restent encore aujourd'hui des acquis importants de la vie étudiante. Parce que l'UNEF fut à l'origine de ces avancées et parce qu'elle fédérait la grande majorité des étudiants, cette période est restée dans les mémoires celle de « la Grande UNEF ». Depuis, l'UNEF a subi de multiples recompositions, traversé de multiples scissions. Dans les années 70, le tribunal de grande instance, saisi pour trancher un litige entre deux de ses fractions concluait à cette époque qu' « en droit comme en fait, il n'y a plus d'UNEF ».

Depuis les années soixante, l'UNEF, ou plus exactement les différents groupes et sous-groupes qui s'en revendiquent, n'ont jamais organisé le monde étudiant comme l'a fait la « Grande UNEF ». Depuis ses premiers affaiblissements, l'UNEF connaît une évolution déclinante sur la longue période.

On peut volontiers reconnaître qu'elle a plutôt mieux « tenu » le monde étudiant du milieu des années 80 au milieu des années 90, du mouvement Devaquet de 1986 à celui sur le CIP en 1994. Mais il ne faut pas confondre « tenir son milieu », ce que l'UNEF a fait parfois, et l'organiser, le représenter, le structurer, ce qu'elle n'a plus jamais fait en 40 ans. En 1986, comme en 1994, comme après chaque mouvement de la jeunesse, l'UNEF s'est avérée incapable d'accueillir dans ses rangs les étudiants. Ses tentatives pour « muter » ou « refonder » n'ont jamais dépassé le stade des textes de congrès.

L'année 2001 aurait, nous dit-on, marqué le retour de la « Grande UNEF ». Une UNEF forte, réunifiée. Mais ce qui a été présenté comme « le rassemblement du mouvement étudiant », n'aura été au mieux que le ralliement d'une cinquantaine de militants d'extrême gauche au processus de résurrection d'un mythe. Dans la réalité, c'est même pire puisque cette réunification, dans le même temps qu'elle masque, plus ou moins bien, les faiblesses importantes de l'UNEF, n'a fait que renforcer son repli sur elle-même, sa perte de substance et de contact avec les étudiants, sa marginalité, sa logique contestataire stérile…


Au sommaire :

Introduction

I. 2001 : le ralliement de 50 militants d'extrême gauche en guise de « réunification »

A. Le mouvement étudiant n'a pas été rassemblé
1. Les associations délibérément écartées ou parties d'elles mêmes
1.1. Des associations généralistes délibérément écartées
1.2. Des associations thématiques choisissant de partir
2. La réunification des deux UNEF est un échec
2.1. Décembre 2000 : un premier congrès de réunification avorté
2.2. Juin 2001 : un ralliement marginal en guise de réunification
2.3. Un vrai paradoxe : une « réunification » qui divise !
3. Le renforcement de l'extrême gauche : la greffe prend

B. Depuis la réunification, le poids réel de l'UNEF est en baisse
1. Pas d'augmentation du nombre d'adhérents
2. Une baisse électorale
3. Un poids institutionnel disproportionné

II. L'UNEF prétend représenter les étudiants, c'est faux

A. Elle prétend organiser les étudiants, c'est faux
1. Des effectifs adhérents très faibles et concentrés en première année
1.1. Un très faible taux d'adhésion
1.2. Le profil type de l'adhérent : étudiant de première année
2. Une faiblesse militante

B. Son audience électorale est bien restreinte
1. Une représentativité relative pour une priorité absolue
2. Un taux de participation très faible
3. Une première place en recul

C. Ses partenaires étudiants sont limités en nombre, son attractivité est marginale
1. L'UNEF en marge d'un tissu associatif de proximité
1.1. L'existence d'une multitude d'associations
1.2. L'UNEF se limite à des accords éphémères
2. Les limites des listes « UNEF et associations étudiantes »
2.1. Avec les associations, priorité à l'électoralisme
2.2. En guise de partenaires : une multitude de structures fantômes
2.3. La disparition d'associatifs éligibles des listes UNEF et associations étudiantes
3. Alors qu'il existe de réelles envies d'agir chez les jeunes, l'UNEF n'est pas attractive
3.1. De réelles envies d'agir chez les jeunes
3.2. L'incapacité de l'UNEF à les intégrer

D. L'UNEF ne structure plus aucun mouvement étudiant
1. Quand elle n'est pas à l'initiative l'UNEF est incapable de reprendre un peu de maîtrise
1.1. Les limites de la récupération par l'utilisation de la ressource institutionnelle
1.2. Dans les foyers à problèmes, l'UNEF et l'extrême gauche, même combat !
2. Quand l'UNEF tente d'impulser des mobilisations, elle se casse systématiquement les dents
2.1. Un rituel : « la rentrée sera chaude ! »
2.2. Sur les problèmes nationaux, l'UNEF est aussi inefficace

E. Par son action l'UNEF a un effet repoussoir pour la citoyenneté en germe
1. Des initiatives locales limitées, sans débouché national
1.1.Les limites d'un fonctionnement très centralisé
1.2. Une absence de débouché de l'intelligence locale
2. Le radicalisme comme première image du syndicalisme
3. L'inutilité de ses actions discrédite la représentation 4. L'UNEF joue contre l'avenir

III. Avec une démarche ancrée dans la radicalité, l'UNEF ne participe pas à la réforme du système éducatif

A. Pour occuper délibérément un espace politique anti-système, la fin justifie les moyens
1. Chaque réforme, qu'elle soit l'œuvre d'un gouvernement de droite ou de gauche, fait l'objet d'une campagne de désinformation
1.1. L'UNEF devrait permettre aux étudiants de comprendre leur environnement
1.2. L'UNEF désinforme pour tenter de justifier son opposition
1.3. Chaque réforme fait l'objet d'une campagne de désinformation
2. L'UNEF renvoie l'origine des problèmes universitaires à des enjeux qui la dépassent complètement et sur lesquels elle n'a pas de prise
2.1. L'UNEF nourrit les impuissances qu'elle prétend combattre
2.2. Les ministres se leurrent en se pensant ainsi tranquilles

B. L'UNEF ne porte pas de projet éducatif
1. Dans le domaine éducatif l'UNEF passe à côté des questions centrales
2. L'UNEF n'a pas de projet éducatif et s'oppose à tous les projets sans proposer d'alternative

C. L'UNEF incapable de négocier préfère nourrir la crise
1. L'UNEF nie l'existence des autres acteurs et refuse le changement
1.1. La pratique systématique des motions comme positions figées à prendre ou à laisser
1.2. Le tout ou rien dans les négociations : l'exemple de la Commission Nationale Autonomie
2. « Quand ça va mal, l'UNEF va bien »
2.1. L'UNEF refuse de participer pour mieux s'opposer
2.2. L'UNEF soutien par principe les logiques de blocage

D. L'UNEF ne gagne rien, elle ne produit pas de changement
1. Alors que le changement peut être facteur d'avancées, l'UNEF s'y oppose systématiquement
2. L'UNEF est incapable de gagner sur ses revendications
3. Tout est bon pour justifier un bilan vide
3.1. L'UNEF récupère des victoires qui ne sont pas les siennes
3.2. l'UNEF revendique ce qui est en train de changer sans elle

Conclusion

Mini Glossaire