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Les prêts étudiants ne peuvent être la seule réponse de l'état à la situation sociale des étudiants
Vendredi 10 octobre 2008
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En milieu étudiant, quelle est l'offre pour répondre à ces aspirations ?
Le manque de confiance ou manque d'intérêt des étudiants pour les structures qui les représentent a des conséquences sur la citoyenneté bien au-delà de l'université. Jusqu'en 2003, date de création de la Confédération Etudiante, on pouvait identifier deux types d'organisations nationales étudiantes : les organisations « dogmatiques » de type partisan et les réseaux de type corporatiste. Les organisations dogmatiques de type partisan Une partie des organisations étudiantes répondent à des obédiences dogmatiques liées à des courants politiques (Unef, Sud, Uni). Ces organisations structurent leur action autour de positions partisanes, pro ou anti-gouvernement, voire anti-systèmes. Quand l'Uni soutient aveuglement les gouvernements de droite et fustige caricaturalement ceux de gauche, l'Unef et Sud font de la résistance aux changements leur principal moyen d'exister. Chaque réforme a donc droit à sa campagne de désinformation pour mieux être dénoncée. C'est ce qu'ont fait l'Unef et Sud récemment en tentant de lancer un mouvement contre la réforme LMD (à laquelle l'Unef s'oppose seulement depuis l'arrivée du gouvernement de droite) alors que l'Uni s'est mis à soutenir cette réforme depuis le changement ministériel de 2002. Elaborées à quelques-uns uns, ces positions et ces actions cantonnent les étudiants au seul rôle de courroie de transmission « de la ligne » qui trouve sa raison d'être en dehors du milieu étudiant et syndical, renvoyant ainsi la notion de « militance » à sa seule racine étymologique d'origine militaire. Dans cette offre d'engagement, les étudiants ne sont ni impliqués, ni écoutés. En fait, ces organisations de type dogmatiques n'organisent pas les étudiants. Avec des effectifs adhérents faible et le peu de participants aux élections nous pouvons sans trop de risque avancer que leur audience auprès des étudiants est limitée. De plus la reconnaissance institutionnelle et la place importante dans la représentation de ces organisations, en particulier de la première d'entre-elles, ont un effet pervers. Dans un document largement argumenté intitulé « Unef, où sont tes victoires » , d'anciens responsables de ce syndicat qui comptent aujourd'hui parmi les membres fondateurs de la Confédération Etudiante, ont largement montré, exemples à l'appui, que cette structure est incapable de négocier, et qu'elle préfère nourrir la crise. Ses interventions institutionnelles sont souvent stériles, et ne servent qu'à construire son positionnement. Ainsi, elle vote systématiquement contre tous les budgets locaux ou nationaux pour pouvoir dénoncer le désinvestissement de l'état dans l'éducation. Souvent cette structure renvoie l'origine des problèmes universitaires à des enjeux qui la dépassent complètement et sur lesquels elle n'a pas de prise. Par exemple, elle accusait le projet de réforme sur la modernisation des universités (évaluation, prospective, gouvernance) d'être le cheval de Troie de la privatisation des universités imposée par les Accords internationaux sur le Commerce et les Services. En déplaçant ainsi le niveau de résolution des questions, elle nourrit les impuissances qu'elle prétend combattre. Reconnue, majoritaire, cette structure est incapable de montrer en quoi l'engagement est enrichissant pour les jeunes au-delà des cercles très restreints du microcosme des militants jeunes des organisations politiques, et en quoi il est efficace pour faire changer les choses. Elle a finalement un effet repoussoir sur la citoyenneté en germe chez les étudiants tout comme les autres organisations que nous avons qualifiées de dogmatiques. Les réseaux de type corporatiste. La Fage et PDE sont plus des réseaux d'associations que des organisations à proprement parler. Elles fonctionnent essentiellement sur des registres corporatistes basés sur des associations de filières qui sont adhérentes à ces structures nationales (corpo pharma, corpo droit…) L'action de ces associations auprès des étudiants est de type festif ou de services. Elles participent également à la représentation des étudiants dans les conseils d‘universités. Cependant, il n'y a pas de liens entre leurs interventions institutionnelles et celles auprès des étudiants. Les prises de positions des élus ne sont pas débattues avec les membres des associations ou transmis auprès des étudiants sur le terrain. Si des étudiants mènent des actions concrètes dans ces associations locales, les structures nationales n'ont pas pour but d'élaborer collectivement un projet universitaire ou un projet de société. A travers leurs discours on distingue, en creux, des orientations qui sont loin d'être neutres. « Apolitique », « asyndical » sont des termes structurant du débat identitaire de ces réseaux nationaux car c'est bien souvent la façon dont ils se définissent auprès des étudiants. Ce choix de surfer sur la défiance qui existe actuellement à l'égard des structures politiques et des organisations syndicales est dangereux pour la participation à la vie publique. Cela revient en fait à la renforcer auprès des étudiants au lieu d'encourager la citoyenneté sous toutes ses formes. La Fage tente depuis plusieurs années de trancher, en interne, entre apolitisme et indépendance tout en refusant de caractériser son action de syndicale. Le décalage d'approche qu'il y a sur ce débat entre le sommet et la base est finalement assez caractéristique de cette structure. PDE assume pleinement une identité « asyndicale » et « apolitique » elle cherche même à instituer une opposition entre les associations et les syndicats, qu'elle prétend combattre. La vision de la société plus globale qui se cache derrière de tels discours est inquiétante. Construire une organisation sur le rejet de la politique et des corps intermédiaires que sont les syndicats est une grave responsabilité, l'existence de responsables politiques légitimes et de corps intermédiaires en capacité de jouer un rôle de contre pouvoirs réels est une nécessité pour la vitalité de notre démocratie.
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