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Les prêts étudiants ne peuvent être la seule réponse de l'état à la situation sociale des étudiants
Lundi 08 septembre 2008 Recevoir la newsletter  :  
Retrouver le goût de l’avenir

C’est une nécessité dans un pays qui fait subir à sa jeunesse la précarité et un chômage à près de 25 %, dans un pays qui ampute nos futures marges de choix, donc de Liberté, par une ardoise de 1100 milliards d’euros de dettes et par des investissements d’avenir en panne. A cela s’ajoute des comptes sociaux dans le rouge qui pourraient nous fermer le droit à bénéficier de protections sociales efficaces et pérennes en particulier en matière de retraites. Sans oublier ce que représente la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle.

C’est un fait, pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre, les jeunes générations ne sont plus assurées de vivre aussi bien ou mieux que celles qui nous ont précédé. C’est cela notre héritage.

Ce constat accablant ne nous conduit pas à la résignation, bien au contraire. Nous venons de faire la démonstration que nous savons nous faire rebelles à l’avenir qui semble s’imposer à nous. Lycéens, étudiants, nous pouvons être fiers de nous mêmes, de l’énergie et de la détermination que nous avons déployé au cours des trois derniers mois. Notre action a largement démentit les discours de ceux qui hier encore nous expliquaient que nous n’étions qu’une génération passive voire résignée.

Après plus de deux mois d’une mobilisation exceptionnelle, nous avons gagné le retrait du CPE ! C’en est fini de sa logique de stigmatisation et de pénalisation d’une partie de la population du seul fait de sa jeunesse. Notre avenir mérite mieux que cette politique du « c’est mieux que rien ». Nous refusons de nous complaire dans la dépendance et la résignation.

Retrouver le goût de l’avenir, c’est aussi combattre tous ceux qui passent leur temps à nous vendre du malaise au kilo, ceux qui renforcent ainsi les impuissances au lieu de les combattre. Le retrait du CPE est une véritable victoire pour ceux qui s’engagent avec l’exigence d’améliorer nos vies dans les faits plutôt que de surfer sur les malaises et de nourrir l’amertume.

La Confédération Etudiante s’est forgée dans la conviction que les choses peuvent aller mieux demain, sans vivre dans l’attente exaltée d’un grand soir au nom duquel le présent et l’individu sont toujours sacrifiés, sans non plus être prostrés dans l’attente de l’homme ou de la femme providentiel. La jeunesse de ce pays est animée d’un véritable désir d’avenir. Encore faut-il que ce potentiel ne soit pas détourné ou dévoyé au service de la démagogie ou de l’extrémisme.

L’issue de cette crise sociale majeure démontre que l’action collective est une force d’avenir. Notre pays a besoin que les jeunes s’engagent. Un engagement porteur de progrès, de solidarité, de justice et de liberté. Un engagement tenace et exigeant, qui n’hésite pas à bousculer les ordres établis quand ils confortent les inégalités. Un engagement qui transforme le présent pour façonner l’avenir.

Julie Coudry
Présidente de la Cé