En plein débat sur les nouveaux visages de l'engagement nous cherchons à comprendre comment les mutations de la vie publique se traduisent dans le rapport des étudiants à leur implication, leur expression et leur intervention dans leur environnement. Comment les organisations étudiantes prennent-elles en compte ces évolutions ? Dans les facs, quelle place occupent les alters sur cette question ?
Les attentes des jeunes vis à vis de leur engagement sont complexes et paraissent même parfois contradictoires.
Nombreux sont les étudiants qui aspirent à prendre la parole, à influer sur la vie démocratique de notre pays, à changer leur environnement. La disponibilité des jeunes pour l'engagement, et au premier rang les étudiants, ne s'est pas seulement révélée au lendemain du 21 avril 2002. Ils étaient déjà engagés. La multitude d'associations le démontre. D'un côté, ils sont disponibles pour un engagement même si l'exigence de concret et de proximité est plus forte qu'avant. Ils recherchent l'efficacité dans leurs actions. Ils veulent que leurs points de vue et leurs particularités soient respectées, soient réellement pris en compte. Bref, ils souhaitent pouvoir maîtriser leurs engagements. D'un autre côté, les jeunes sont de plus en plus nombreux à participer à des rassemblements, des manifestations dans lesquels ils semblent se regrouper pour porter des « utopies », au sens où il s'agit là d'idées et/ou d'actions qui dépassent largement leur capacité à obtenir par eux-mêmes des résultats directement concrets. Cela traduit aussi une nécessité de « sentir le collectif », de partager une expérience collective de type fusionnelle et ainsi pouvoir développer un sentiment d'appartenance de groupe, voire de 'tribu'.
Face à la diversité de ces aspirations, la faiblesse du mouvement étudiant (très faible taux de syndicalisation et les taux de participation entre 5% et 20% aux élections universitaires) montre son incapacité à intégrer, voire même à comprendre ces jeunes qui veulent agir.