I. B. Depuis la réunification, le poids réel de l'UNEF est en baisse
La réunification devait dépasser la simple addition de deux structures. D'un point de vue électoral elle a eu l'effet d'une soustraction
La fin de la division syndicale devait lever les réticences des étudiants à adhérer. La « Grande UNEF » reste un nain en effectifs adhérents.
1. Pas d'augmentation du nombre d'adhérents.
La persistance de la division syndicale a longtemps permis d'occulter les vrais raisons d'un taux de syndicalisation qui avoisine difficilement les 0,5 %. Les pratiques à l'œuvre en interne sont largement à l'origine de ce problème. Alors qu'aujourd'hui il n'y a plus qu'une UNEF, elle ne revendique pas plus d'adhérents que la seule UNEF-ID.
2. Une baisse électorale.
La réunification devait également enclencher un cercle vertueux en matière de résultats électoraux. La fin de la division syndicale devait renforcer le poids de l'organisation, au delà de la simple addition des scores des deux UNEF.
Les premiers résultats électoraux nationaux de l'UNEF réunifiée sont ceux des élections aux CROUS de mars 2002. L'UNEF a obtenu 39% des voix. Sa direction a tenté de masquer la forte baisse que ce résultat constitue en donnant à lire un tassement de 3 points par rapport au 42% obtenus deux ans plus tôt…par la seule UNEF-ID. Or les résultats additionnés de l'UNEF-SE et de l'UNEF-ID en 2000 étaient de 51%. C'est donc une baisse de 12 points qu'enregistre l'UNEF.
La perte de 27 élus dans les CROUS et d'un élu au CNOUS, un taux de participation qui passe sous la barre des 6%, viennent consacrer l'échec de la réunification. L'UNEF réunifiée perd en audience électorale, et elle est incapable de stopper l'hémorragie du taux de participation qui vide la représentation étudiante de son sens. En matière électorale aussi, la montagne a accouché d'une souris.
3. Un poids institutionnel disproportionné.
Nous avons montré que dans les faits, l'UNEF est sortie affaiblie de cette soi-disant réunification. Pour autant, elle est toujours autant médiatisée, citée dans la presse. Elle garde ses entrées dans les ministères et reste un interlocuteur central pour les acteurs du monde étudiant, les acteurs politiques et syndicaux. Elle le reste pour tout le monde, sauf pour les étudiants. La réunification a eu pour conséquence que d'un point de vue institutionnel, sa surface a été renforcée. En effet, l'existence d'une organisation nationale unique dite « syndicale » produit cet effet mécanique. Il s'agit dans ce cas d'un renforcement institutionnel par le vide, et non par la capacité de cette organisation à organiser et représenter les étudiants.