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Les prêts étudiants ne peuvent être la seule réponse de l'état à la situation sociale des étudiants
Dimanche 07 septembre 2008 Recevoir la newsletter  :  
II. L'UNEF prétend représenter les étudiants, c'est faux

Le premier rôle d'une organisation étudiante c'est… d'organiser les étudiants. Et la meilleure façon de le faire, c'est par l'adhésion.

L'enjeu majeur pour une organisation étudiante n'est pas de faire « au nom » des étudiants. Il n'est pas non plus d'être « aux côtés » des étudiants. Il est d'être les étudiants eux-mêmes, organisés par l'adhésion. L'UNEF, c'est tout le contraire, et cette situation n'a rien d'accidentelle. Elle est le fruit direct des choix délibérés de ses directions successives.

1. Des effectifs adhérents très faibles et concentrés en première année.

1.1. Un très faible taux d'adhésion.

Nous l'avons montré précédemment, l'UNEF, et l'UNEF-ID avant elle, n'ont jamais compté dans leurs rangs, depuis 20 ans, qu'une partie très marginale des étudiants. Sans même parler des chiffres réels, les simples chiffres officiels revendiqués sont édifiants : entre dix et quinze mille adhérents selon les périodes. Cela correspond à un taux d'adhésion qui n'est au mieux que de 0,5%. Ajoutons à cela, que le nombre d'adhérents varie du simple au double selon que l'on soit ou non en année de Congrès, les pratiques « démocratiques » internes faisant « affluer les adhérents », quand les enjeux de boutiques le nécessitent.

1.2. Le profil type de l'adhérent : étudiant de première année.

Pour l'UNEF, la question de l'adhésion ne se pose que lors de la période de première inscription à l'université, durant le mois de Juillet. Les militants sont alors « réquisitionnés » pour tenter de faire adhérer en quelques minutes, chaque étudiant venu déposer son dossier d'inscription. La plupart des nouveaux étudiants ayant accepté, n'entendront plus parler de l'UNEF, sauf quand il s'agira d'aller voter aux élections ou lors du congrès.

Ce « recrutement » est souvent efficace. Il l'est d'autant plus qu'il est parfois basé sur une présentation déformée de la réalité. Il n'est pas rare de trouver des militants de l'UNEF qui expliquent à un étudiant que l'adhésion est indispensable pour réussir son année universitaire, voire qu'elle est obligatoire. Ces pratiques suscitent parfois des réactions vives des « nouveaux adhérents ». Ce fut par exemple le cas à Grenoble en 2000, lorsque nombre d'entre eux se sont rendu compte collectivement que l'adhésion à l'UNEF était tout à fait facultative.

On comprend dès lors aisément pourquoi la grande majorité des étudiants ayant adhéré dans ces conditions ne ré-adhèrent pas l'année suivante. Pour ceux qui hésiteraient encore, l'absence de suivi, le local fermé, les discours radicaux et incantatoires, l'électoralisme grossier, la capacité limitée à changer concrètement les choses, finissent le plus souvent de les décourager. Finalement, seuls quelques militants encore présents à la fin de l'année ré-adhèrent.

Quant à ceux qui sont passés à travers les mailles du filet au moment de leur première inscription, leurs camarades d'étude se chargent de leur dire l'absence d'intérêt d'une adhésion à l'UNEF.

2. Une faiblesse militante.

Toutes les raisons qui poussent les adhérents vers la sortie, les militants les vivent de l'intérieur. La faiblesse militante endémique de l'UNEF s'explique par des pratiques délibérément choisies par sa direction nationale au regard des objectifs qu'elle fixe à son action : sélectionner des militants prêts à subordonner leurs aspirations personnelles à un moule prédéterminé, des militants par ailleurs directement transférables dans une écurie politique. L'important n'est pas d'impliquer ni de susciter l'initiative d'individus avec leurs aspirations propres, bien au contraire.

Un fonctionnement ultra centralisé est le nécessaire corollaire de ces objectifs fondamentaux. On demande aux militants de distribuer les tracts nationaux pensés et conçus sans eux. Dans ce fonctionnement, la place à l'initiative et à l'épanouissement individuel est inexistante, les possibilités même de contribuer utilement sont limitées. Un nouvel adhérent se trouve bien vite dégoûté du cadre d'engagement offert. C'est ainsi qu'entre les premières réunions de la rentrée et la fin de l'année universitaire le nombre de militants a, le plus souvent, fondu comme neige au soleil.

Seuls restent ceux qui à leur tour auront pour tâche de recruter lors des inscriptions les nouvelles premières années qui assurent ainsi à l'UNEF un vivier en constant renouvellement. Tous ces éléments concourent à la faiblesse militante des structures locales de l'UNEF.

Le nombre de participants aux Collectifs Nationaux trimestriels, dont le rôle se limite bien souvent à galvaniser « les troupes » est révélateur de ce constat. Un CN de rentrée, en octobre, regroupe 250 personnes, ce qui sur 84 universités est déjà très peu. Pour celui du mois de juin il reste tout juste une centaine de personnes.

Cette faiblesse militante est révélatrice du décalage de l'UNEF avec les étudiants qu'elle est censée organiser et représenter, dans le même temps qu'elle l'alimente.