II. C. Ses partenaires étudiants sont limités en nombre, son attractivité est marginale
Malgré sa position centrale de première organisation, malgré la surface institutionnelle, qui lui est accordée, et qui est sans commune mesure avec celle qui est accordée aux autres organisations étudiantes l'UNEF fonctionne dans sa bulle.
Elle est incapable de saisir les opportunités que lui offre son environnement. Elle n'agrège pas les envies de s'engager.
1. L'UNEF en marge d'un tissu associatif de proximité.
1.1. L'existence d'une multitude d'associations.
Outre les organisations nationales, il existe dans les universités un tissu associatif important, regroupant beaucoup d'étudiants. Il est composé tout à la fois de structures de défense et de représentation des étudiants, d'associations culturelles, de solidarité ou de filière. Ces structures sont souvent les plus proches des étudiants, en particulier grâce aux services qu'elles dispensent et aux modes d'engagement qu'elles proposent. Elles représentent autant de partenaires potentiels, capables d'amplifier l'impact et l'efficacité d'un travail dans l'intérêt des étudiants.
1.2. L'UNEF se limite à des accords éphémères.
Malgré les déclarations, l'affichage et les discours, l'UNEF reste au quotidien incapable de travailler en réseau avec ces structures sur les universités ou dans les Ecoles. Pour elle, il n'y a qu'une alternative bien binaire qui prévaut dans ses relations avec ces structures. C'est l'affrontement ou l'absorption comme cela se pratiquait d'ailleurs déjà avec l'UNEF-SE avant la « réunification ». Et quand il y a accord, ils n'ont jamais vocation à s'inscrire dans la durée. La recherche de la complémentarité est inexistante, sauf dans 2 ou 3 universités.
2. Les limites des listes « UNEF et associations étudiantes ».
2.1. Avec les associations, priorité à l'électoralisme.
C'est dans cette logique que depuis le milieu des années 90, l'UNEF a pour seule intention de mettre en place des mécaniques de récupération de ces associations, et ce, dans un objectif uniquement électoraliste.
A chaque élection, nationale ou locale, l'UNEF tente de faire croire qu'elle est soutenue par des associations pour récupérer le plus de suffrages possible et pour faire échec aux listes associatives qui représentent une concurrence très forte. C'est dans ce but qu'elle intitule ses listes : « UNEF et associations étudiantes ». Un intitulé d'autant plus ronflant qu'il est bien souvent vide en réalité.
Lorsqu'il s'agit de vraies associations, ce qui est loin d'être toujours le cas, ces listes se fondent sur de simples accords électoraux, à courte vue. Ils se brisent bien souvent une fois le scrutin fini et ne se renouvellent que très rarement, à l'instar de ce qui s'est passé pour le processus de « réunification du mouvement étudiant ». Au final lors des élections suivantes, ces associations préfèrent généralement se présenter seules plutôt que de porter à bout de bras une UNEF vidée de sa substance, qui ne se présente à elles qu'à l'approche des élections, pour récupérer leur travail, leur prestige.
2.2. En guise de partenaires : une multitude de structures fantômes.
A ces accord éphémères avec de vrais associations étudiantes s'ajoute l'utilisation de structures « fantômes » de l'UNEF. Il en est ainsi par exemple de la Fnem (Fédération Nationale des étudiants en Médecine), de la Fidec (Fédération indépendante des étudiants chercheurs), ou encore de la Fédé'IUT (Fédération des étudiants en IUT) qui n'ont jamais compté en adhérents que le minimum pour pouvoir déposer leurs statuts. Dans la réalité, ces noms correspondent au mieux à des commissions du Bureau National de l'UNEF. Mais ça fait bien aux élections et « ça en jette » sur le papier à entête.
2.3. La disparition d'associatifs éligibles des listes UNEF et associations étudiantes.
Au scrutin 2000 du CNESER, la seconde tête de liste était la présidente d'une association marseillaise. En 2002, l'UNEF ne peut même plus afficher d'associatif dans les places éligibles des listes du CNOUS ou du CNESER.
3. Alors qu'il existe de réelles envies d'agir chez les jeunes, l'UNEF n'est pas attractive.
Incapable de fédérer les structures collectives, l'UNEF est tout aussi impuissante à agréger les envies d'agir individuelles, elle n'est pas attractive. Sa place marginale dans les mobilisations qui ont fait suite au choc du 21 avril 2002 est éclairante de cette faiblesse qui confine à la stérilité. Alors même que d'une façon générale l'engagement prend de nouvelles formes, l'UNEF reste sourde.
Par ses pratiques et ses attitudes, l'UNEF constitue un véritable repoussoir dans le monde étudiant engagé. Elle est un véritable contre exemple. Les quelques bonnes volontés qui parfois existent dans ses rangs finissent toutes par s'y heurter. Au final les plus endurcis et les résignés sont les seuls à y rester.
3.1. De réelles envies d'agir chez les jeunes.
Nombreux sont ceux qui aspirent à prendre la parole, à influer sur la vie démocratique de notre pays, à changer leur environnement. La disponibilité des jeunes pour l'engagement et au premier rang les étudiants, ne s'est pas seulement révélée au lendemain du 21 avril. Ils étaient déjà engagés. La multitude d'associations le démontre. Ils sont disponibles pour un engagement même si l'exigence de concret et de proximité est plus forte qu'avant. Ils recherchent l'efficacité dans leurs actions. Ils veulent que leurs points de vues et leurs particularités soient réellement pris en compte.
Bref ils souhaitent pouvoir maîtriser leurs engagements, souvent multiples. Ils ne veulent pas de discours prêts à penser, tel que peut les servir en continue l'UNEF. Ils fuient les avant-gardes éclairées, ces groupes de militants illuminés qui ont tout compris sur tout, ont réponse à tout et en appellent à tout va aux ruptures annonciatrices de lendemains qui chantent.
3.2. L'incapacité de l'UNEF à les intégrer.
Par ses pratiques, nullement fortuites, mais tout à fait délibérées car en adéquation avec le projet de ses dirigeants, l'UNEF s'isole de son environnement. Cette stérilité, que traduit l'audience infime de l'UNEF, est à mettre au regard des mobilisations étudiantes dans les universités dans lesquelles elle ne joue plus un rôle déterminant depuis de nombreuses années.