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Les prêts étudiants ne peuvent être la seule réponse de l'état à la situation sociale des étudiants
Vendredi 10 octobre 2008 Recevoir la newsletter  :  
III. B. L'UNEF ne porte pas de projet éducatif

L'UNEF ne porte pas un projet éducatif qui lui soit propre, qui soit innovant, ambitieux et qui serait construit à partir de la réalité quotidienne vécue par les étudiants.

1. Dans le domaine éducatif, l'UNEF passe à côté des questions centrales.

L'UNEF ne comprend pas les enjeux éducatifs parce qu'elle s'échine à observer la société française à travers des filtres partisans réducteurs et décalés. Ces filtres radicaux sont assumés à l'interne, dans les théâtres que sont ses réunions d'instances, ou encore sur les tracts distribués aux étudiants. Mais c'est parfois beaucoup plus difficile dans le monde réel des discussions ministérielles dans lesquelles elle essaye de conserver la crédibilité qui lui reste à ce niveau.

Par exemple, nous sommes entrés depuis deux ans dans un processus d'harmonisation de l'enseignement supérieur dans le cadre de la construction européenne. Qui peut comprendre la logique de l'UNEF qui consiste à dénoncer ce processus et à voter successivement contre les deux décrets d'application au nom d'un désaccord avec le texte sur des questions de modalités d'examen et de procédure d'habilitation des diplômes.

Il n'y a évidemment jamais obligation d'être en accord total avec un texte. Dans ce cas précis, différents points nécessitaient certainement discussion et confrontation. Mais la construction d'une Europe de l'éducation repose aussi sur la responsabilité de l'ensemble de la communauté universitaire et sa capacité à faire la part des choses. L'attitude irresponsable de l'UNEF la situe en marge des transformations. Elle passe à côté des questions centrales.

2. L'UNEF n'a pas de projet éducatif et s'oppose à tous les projets sans proposer d'alternative.

L'UNEF n'a pas de corps de pensée qui lui soit propre en matière d'éducation, qui soit élaboré en son sein, à partir des réalités de celles et ceux qu'elle est censée organiser. Alors il n'est pas étonnant de constater son incapacité à porter, par elle-même, un projet éducatif novateur et ambitieux.

L'UNEF est résolument contre la mondialisation, c'est entendu. Un micro trottoir dans une université « type » avec une implantation UNEF nous montrerait aisément que les étudiants le savent, pour peu que le nom UNEF leur dise quelque chose… Ils seront certainement bien moins nombreux en capacité de dire quel est son projet pour faire évoluer leur université ou plus largement l'enseignement supérieur.

Quel qu'ait été la couleur politique du gouvernement, l'UNEF a manifesté ces dernières années son opposition à la professionnalisation, au plan d'aménagement universitaire U3M, au capital de formation tout au long de la vie, à la réforme LMD d'harmonisation européenne… mais avec quelles contre-propositions ? Pour quel projet un tant soit peu construit qui dépasse les principes comme celui d'une loi de programmation budgétaire, et les slogans comme « priorité à l'éducation !» ou « révolution pédagogique !» ?

Cette posture de rejet de tout ce qui vient du Ministère (ou de la Conférence des Présidents d'Universités) est rarement guidée par une cohérence de pensée sur le fond du dossier présenté. Ces prises de positions sont souvent le reflet d'intérêts tactiques du moment. Ainsi, l'UNEF change d'argumentation à chaque nouvelle intervention publique pour justifier son positionnement pris contre la réforme LMD.

Pour le reste, l'UNEF se contente de prendre des positions opportunistes au gré de l'actualité (Couverture Logement Universelle, projet de loi sur l'allocation autonomie présentée par le Parti Communiste, réforme des IUFM, …). Cela se limite souvent au soutien de revendications portées par des syndicats d'enseignants.