Nous ne deviendrons pas autonomes tous seuls

A entendre certains discours simplistes, devenir autonome se résumerait en une formule magique: un diplôme + un salaire étudiant, tous deux ultra-protecteurs contre toute forme d’agressions.

Heureusement pour nous, ce n’est pas si simple car cette formule unique oublie quelques réalités.


A entendre certains discours simplistes, devenir autonome se résumerait en une formule magique: un diplôme + un salaire étudiant, tous deux ultra-protecteurs contre toute forme d’agressions.

Heureusement pour nous, ce n’est pas si simple car cette formule unique oublie quelques réalités.

Tout d’abord, nous ne sommes pas tous issus des mêmes milieux. Nos situations familiales et individuelles sont très différentes. Avant même d’être étudiants, il existe déjà des différences très fortes entre nous.

C’est donc à ce moment là qu’il ne faut pas se tromper d’enjeu. Car nous ne supprimerons jamais les inégalités, nous pouvons seulement les réduire.

En effet, qui peut prétendre pouvoir contrôler que nos parents nous donnent de l’argent ? Qui peut nous interdire de nous salarier ? Qui peut empêcher nos proches, notre famille de nous conseiller durant notre cursus, de nous prendre en stage et nous embaucher s’ils le souhaitent ?

Il paraitrait selon le syndicat majoritaire que sa solution unique revendiquée depuis plus de vingt ans –ce fameux salaire étudiant- éliminerait définitivement toutes formes d’injustices.

Mais pourquoi aucun gouvernement de droite comme de gauche ne l’a mis en place ?

Tout simplement parce que cette proposition est injuste socialement et ne fait que renforcer les inégalités.

A la Confédération étudiante, nous pensons qu’aujourd’hui, il est temps de changer de logiciel et d’inventer de nouvelles solutions pour réduire les inégalités de départ et permettre au plus grand nombre d’accéder à un emploi stable, à un logement décent, à des revenus suffisants pour vivre dignement.

Devenir autonome, c’est notre objectif en tant qu’étudiants. Nous ne sommes pas des assistés ou des profiteurs du système sous perfusion de l’Etat et nous n’attendons pas la fin de nos études pour nous préoccuper de notre avenir.

Chaque jour, nous nous prenons en main et nous agissons pour accéder peu à peu à l’autonomie : nous travaillons pendant nos études, pendant les vacances, nous empruntons de l’argent pour passer notre permis, pour pouvoir payer une partie de notre loyer…

Et en retour, pas grand chose.

Certes, il y a le système d’aides sociales fondé sur les principes de justice sociale et de solidarité, qui s’adresse aux familles les plus modestes.

Mais ce que nous aimerions en plus, c’est que l’Etat prenne ses responsabilités et s’investisse davantage, en contrepartie de nos engagements. Nous n’avons pas à choisir entre réduire les inégalités et devenir autonomes.

Et c’est dans ce sens que va la proposition que fait la Confédération étudiante, pour tous les étudiants : créer un nouveau droit, une allocation universelle de 300€ par mois qui accélérerait et faciliterait notre accès à l’autonomie.

Ni un salaire étudiant ni une récompense méritée, ces 300€ nous permettraient de choisir librement notre parcours, notre job étudiant, notre logement et en prime, d’assumer tous nos choix.

Du lundi 22 au Mercredi 31 je vote et Fais voter Cé !

Enora Hamon

Secrétaire Générale de la Cé

Elue au CNESER

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