Pour une valorisation de la participation des étudiants à la politique universitaire

La proportion d’étudiants élus au CEVU nous offre la possibilité de prendre pleinement en main les questions de pédagogie et de vie étudiante. Pourtant, notre participation à la politique universitaire ne peut se limiter à lever la main lors d’un vote à enjeux.


Les représentants étudiants sont titulaires d’un pouvoir de décision non négligeable au sein des différents conseils de l’université. Les étudiants sont souvent amenés à jouer un rôle d’arbitre sur les principales décisions engageant le conseil d’administration de l’université (vote du budget, d’un PRES, élection du président).La proportion d’étudiants élus au CEVU nous offre la possibilité de prendre pleinement en main les questions de pédagogie et de vie étudiante. Pourtant, notre participation à la politique universitaire ne peut se limiter à lever la main lors d’un vote à enjeux.

La crédibilité des élus de la Cé s’affirme par une présence continue dans les conseils. Après l’élection, le plus dur commence. Les emplois du temps sont trop souvent inadaptés et il faut souvent faire des choix difficiles entre un cours et un conseil. Nous pouvons, ainsi, être connus et reconnus par les autres membres des conseils, et surtout par les étudiants. En relayant les prises de position de la Cé auprès des étudiants, nous nous affirmons comme impliqués et concernés par notre mandat. Progressivement, chaque élu prend confiance, libère sa parole.
Les conseils nous permettent d’obtenir une vision globale de l’évolution de notre université et d’y prendre part. Il est, alors, très facile de contester les programmes irréalistes (ou des propositions qui ont été votées il y a plusieurs années !) présentés par des candidats qui ambitionnent de se faire réélire, alors qu’ils n’ont jamais siégés. Les universités ne font, généralement, que peu d’efforts pour intégrer les nouveaux élus.

Les formations sont inexistantes, de même que les possibles valorisations de cet engagement dans un cursus ou sur un diplôme. L’essentiel repose donc sur l’auto-formation de l’élu étudiant, qui doit prendre son courage à deux mains au départ pour comprendre les débats et les tableaux qui sont présentés au vote.
Un élu étudiant actif doit obtenir les moyens de la part de son université pour accomplir pleinement son mandat.

Il est trop facile de stigmatiser l’absentéisme chronique des élus étudiants, alors que rien n’est fait pour leur permettre de rattraper une absence dans un cours obligatoire. L’élu étudiant prend sur son temps pour participer aux décisions de l’université, cette université doit lui être redevable. De nombreuses pistes existent pourtant, l’absence des étudiants ne doit pas être une fatalité. Certaines universités ont déjà proposées quelques aménagements. Malheureusement, ceux-ci dépendent encore du bon vouloir de quelques responsables.

Un statut national de l’élu étudiant doit être créé. Il doit mettre en place un dispositif fiable de rattrapage et d’autorisation d’absence en cours. Un brevet valorisant l’assiduité en conseil peut être attribué à la fin de chaque année universitaire. Il pourrait être la première étape de la mise en place d’un portefeuille de compétence au niveau d’une université.
Les organisations étudiantes sont souvent dépourvues de toute source de financement au niveau local. Un versement pourrait être effectué en fin d’année universitaire sur le compte de l’organisation pour la présence d’un de ces membres à un des trois conseils. Les élus devraient aussi être remboursés des frais de déplacements qu’ils engagent pour assister à un conseil. Ce statut pourrait officialiser certains avantages mis à dispositions des organisations : location de salles, remboursement des frais de campagne. A nous, élus de la Cé de le réaliser durant le prochain mandat du CNESER.

Benjamin Houard
Elu au CEVU et vice président étudiant de l’Université de Haute Alsace

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