Logement, marchands de listes, avenir des jeunes diplômés… Voilà les grands chantiers de la Confédération étudiante (Cé), une des principales organisations étudiantes. Rencontre avec le président Baki Youssoufou.
Clémence FLOC’H
Comment se prépare la rentrée de la Confédération étudiante ?
Elle a commencé par une petite victoire avec le 10e mois de bourse obtenu et attendu depuis 2009. Ce qui nous a un peu énervé pendant l’été, c’est cette polémique Unef / président de la République, alors que le budget va été voté en mars.
On souhaiterait de vrais débats notamment sur le logement, les questions de la caution, de l’accès au logement dans le parc privé, des pièces mêmes à fournir pour trouver un studio.
Nous souhaiterions que tout soit clair.
Quels sont les grands chantiers de la Cé pour cette année universitaire 2011/2012 ?
Le logement et l’emploi des jeunes. Les jeunes diplômés sont les plus exclus du marché du travail. A bac +5, ils n’arrivent pas à trouver de travail et on ne s’en préoccupe pas vraiment. Nous allons interpeller les candidats à l’élection présidentielle sur cette question. Il faut réellement mettre en place des mesures d’accompagnement des jeunes diplômés, y compris financières. Il est temps de réfléchir globalement à l’orientation depuis le lycée jusqu’à l’entrée dans le monde du travail.
Concernant les marchands de listes, vous avez obtenu gain de cause à plusieurs étudiants. Qu’en est-il de la situation aujourd’hui ? Recevez-vous toujours beaucoup de plaintes ?
Nous en avons reçu plus en ce début d’année que l’an passé. Mais nous ne sommes pas en mesure de savoir si c’est en raison des actions que nous avons mené l’an dernier. Nous avons obtenu un taux de 10 % de remboursement. Nous allons continuer les actions coups de poing puisque les pratiques des marchands de listes persistent. On aurait bien voulu passer à autre chose en cette rentrée, mais nous continuons notre action malgré tout.
Qu’attendez-vous du gouvernement à ce sujet ?
Nous avons rencontré Benoist Apparu, le secrétaire d’Etat à 3 reprises l’an passé. Il nous avait promis de prendre des mesures. Mais aujourd’hui aucune décision n’a été prise. Nous attendons aujourd’hui l’interdiction tout simplement de ces agences qui vendent des listes. Depuis les procès gagnés en mai dernier, j’ai envoyé plusieurs courriers à Benoist Apparu, j’attends toujours une réponse à ce sujet.
Quel bilan dressez-vous de la situation des étudiants en cette rentrée 2011 ?
Il y a une sorte d’angoisse chez les jeunes. Parmi nos militants, il y en a qui en veulent à l’Etat, au gouvernement et qui en ont assez de l’excuse « c’est la crise ». Si on ne continue à ne pas leur apporter de réponses, cela peut exploser. On espère juste que ce ne sera pas violent et que cela se déroulera dans un cadre républicain. Quand on voit le mouvement des Indignés, les révoltes des jeunes à Londres ou à Madrid, on comprend que notre génération n’a plus rien à perdre. Le climat est hyper tendu et nous ne savons pas comment cette tension va se cristalliser. Nous sommes une génération charnière avec qui il va falloir prendre les bonnes décisions.
Plus d’infos : www.confederation-etudiante.org
www.studyrama.com , clémence Floch












Laissez un commentaire