Selon le Président de la Confédération étudiante, Baki Youssoufou, les étudiants doivent être présents aux côtés des lycéens… tout en restant attentifs à la mise en place de la réforme des universités.
Un groupe de travail sur la réforme des lycées, réuni par la Ligue de l’Enseignement, s’est réuni jeudi, dans quel but?
Il regroupe divers syndicats et associations. La société civile souhaite montrer qu’elle est capable de faire des propositions fortes sur le parcours, l’accompagnement, le contenu de la formation et l’autonomie des lycéens. La société civile est aussi une force de proposition. Pour tout le monde cette réforme est nécessaire, mais sur cette base, il s’agit de dialoguer réellement avec le ministère.
Pourquoi une organisation étudiante s’occupe-t-elle de la réforme des lycées?
Cette réforme nous concerne aussi. La Confédération étudiante s’est battue pour obtenir que l’Université ait une mission d’orientation et d’insertion professionnelle. Cela nécessite une articulation avec le lycée, en particulier sur la question de l’orientation entre le lycée et l’enseignement supérieur et tout au long du parcours de formation. Il est important pour les lycéens de faire les premiers bons choix, ceux qui leur correspondent. Par ailleurs, depuis la fusion des IUFM avec les universités, nous représentons aussi les étudiants qui vont devenir enseignants et qui mettrons en oeuvre la réforme.
Où en est la loi sur l’autonomie des universités?
Une dizaine d’universités sont devenues autonomes au 1er janvier 2009. Ce n’est qu’une première étape. On attaque une période de transition compliquée. Les annonces depuis près de deux ans sur les investissements en direction des universités et des étudiants n’ont pas toutes débouchées sur des résultats visibles. Il y a une forme de contradiction entre ces annonces et les baisses de postes de personnels encadrant qu’ont déploré beaucoup d’universités en fin d’année 2008 – sans parler de la répartition de ces postes entre les universités, qui manque de cohérence. Le lien est insuffisant avec les nouvelles missions assignées aux universités, notamment l’orientation et l’insertion professionnelle. Il va aussi falloir que les universités se dotent des compétences humaines nécessaires à la réalisation de ces missions, pour devenir autonomes. Les universités vont devoir réellement gérer leur budget, 80% de leurs ressources proviennent toujours de l’Etat.
Comment les étudiants réagissent-ils?
Pour le moment, c’est une réforme structurelle. Nécessaire, certes, mais qui tarde à produire des changements concrets pour les étudiants. Or, les attentes sont fortes et légitimes. Il y a des situations de vie et d’études qui sont inacceptables. S’y ajoutent des obligations nouvelles pour les universités qui doivent produire des changements bénéfiques, individuellement vérifiables par les étudiants. C’est le cas par exemple de la nouvelle mission d’insertion professionnelle assignées à l’université. Nous le vérifions avec les premiers éléments de réponse à notre enquête nationale, menée ces derniers mois auprès de milliers d’étudiants: « Qu’est-ce qui change pour nous? »












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