Travail des étudiants étrangers : Valérie Pécresse demande à Claude Guéant de la « tenir informée » des consignes transmises aux préfets

Travail des étudiants étrangers : Valérie Pécresse demande à Claude Guéant de la « tenir informée » des consignes transmises aux préfets


Paris, Jeudi 29 septembre 2011 18:37:14Elodie Lestrade
« Je vous serais reconnaissante de me tenir informée des consignes qui pourraient être transmises aux préfets pour une application de [la] circulaire [du 31 mai dernier] conforme à la lettre et à l’esprit denotre stratégie d’attractivité universitaire de la France », écrit Valérie Pécresse, ministre du Budget,des Comptes publics et de la Réforme de l’État, dans une lettre adressée à Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, dans la semaine du 26 septembre 2011. Dans ce courrier, dont AEF s’est procuré une copie, la ministre fait référence à « l’application qui semble faite de la circulaire du 31 mai dernier » aux« étudiants étrangers non ressortissants de l’UE et diplômés de grandes écoles françaises qui souhaitent travailler dans notre pays » et qui se voient délivrer un refus d’autorisation. « Ce qui devrait
être en droit l’exception, serait donc en train de devenir la règle », note-t-elle.
Selon la ministre, la circulaire du 31 mai « ouvre la possibilité aux préfets de délivrer ou non une autorisation de travail » aux étudiants étrangers non ressortissants de l’UE qui chercheraient àtravailler en France. Elle raconte que lors d’une « récente conférence à HEC », « dans la plupart des cas qui m’ont été présentés, c’est un refus d’autorisation qui a été opposé aux demandeurs ».Or, Valérie Pécresse indique que « selon les termes de la circulaire, le refus est justifié si l’emploi visé ne nécessite pas de qualifications particulièrement élevées’, ce qui n’est évidemment pas le cas pour les emplois proposés aux diplômés de master 2 (bac+5), ni a fortiori aux diplômés de nos grandes écoles ». Elle souligne également que «ces jeunes diplômés (…) représentent des atouts importants pour les entreprises qui souhaitent les recruter et donc pour notre pays ». « Si une telle situation devait perdurer, elle ne serait pas non plus sans conséquence sur l’attrait de nos grandes écoles et de nos universités à l’étranger. »
RÉACTIONS DE LA CPU, DE LA CGE ET DES ORGANISATIONS ÉTUDIANTES
Mi-septembre, la CPU s’était inquiétée du « durcissement des règles applicables aux étudiants étrangers », notamment dans le cadre de leur « insertion professionnelle » (AEF n°155506). Les organisations étudiantes s’étaient également émues de la situation, à l’image de la Cé (Confédérationétudiante) qui avait dénoncé « la politique contradictoire qui consiste d’un côté à encourager la venue des meilleurs étudiants dans nos universités et nos grandes écoles, et de l’autre côté, les discriminations de plus en plus importantes dont ils sont la cible ».
Sans prendre de position officielle sur cette question, la CGE s’était inquiétée, auprès de ses membres, d’une « interprétation très stricte des lois et décrets relatifs au travail de la main d’œuvre immigrée, et notamment des étudiants de niveau master qui souhaitent poursuivre leur formation par un premier poste en France », suite à l’envoi de la circulaire du 31 mai aux préfets (AEF n°154722).
dépêche AEF.info

Laissez un commentaire